dimanche 8 février 2015

Des nouvelles de Russell Banks

Un membre permanent de la famille, de Russell Banks, éditions Actes Sud


Il faut absolument que je vous parle des nouvelles FANTASTIQUES (géniales, superbes, énorme coupde♥) de Russell Banks.

Des nouvelles brillantes, désabusées, ironiques. Elles ont pour fil conducteur la middle class américaine. Du vieil homme qui vit dans son mobil-home, et qui a trouvé une manière peu orthodoxe de boucler ses fins de mois à l'évocation d'une Afro-américaine qui, ayant économisé quasiment toute sa vie pour s'acheter une voiture, se retrouve enfermée par erreur dans l'espace d'exposition extérieur, face à un molosse près à tuer, mais refuse pourtant d'appeler la police pour se tirer de là.

En peu de mots, Banks arrive à créer un véritable univers, tout en profondeur, ainsi avons-nous l'impression de lire autant de mini romans sur l'Amérique contemporaine.

Russell Banks nous démontre ici qu'il a l'étoffe d'un Raymond Carver.
Lisez-les ! Lisez-les !

mercredi 4 février 2015

DIY des bols en papier mâché





Au départ, il s'agissait de fabriquer des petits bols en papier mâché pour Noël... Mais vu le laxisme qui règne ici, je les ai terminés il y a peu.

mardi 3 février 2015

L'obsédé


L'Obsédé, de John Fowles, Signatures Points

Coup de coeur.
L'histoire d'un petit employé de bureau sans relief, obsédé par une jeune et belle étudiante, qui finit par l'enlever et la séquestrer.
La jeune fille tentera de s'échapper à de multiple reprises... Mais la fin ne peut être que celle dont vous vous doutez.
Les points de vue alternés du ravisseur et de la séquestrée apportent de la profondeur au texte.
Excellent  !

A très bientôt pour vous parler de deux ÉNORMES coups de coeur :
Le dernier ouvrage de Russell Banks, Un membre permanent de la famille, et celui de Chimamanda Ngozi Adichie, Americanah !

jeudi 22 janvier 2015

Parlons d'Amours


Amours, de Leonor de Recondo, Sabine Wespieser


Et si après tous ces événements funestes on parlait un peu d'amour par ici ! (tu noteras la brillante mais maladroite transition), ou plutôt d'Amours, le dernier roman de Leonor de Recondo.

J'avais trouvé beaucoup de charme à son précédent roman, Pietra Viva (sorti récemment en poche dans la collection Points), qui évoquait un épisode sombre de la vie de Michel-Ange, fuyant à Carrare pour oublier la mort d'un moine. L'auteur y évoquait en filigrane son attirance pour ce dernier. Son départ pour les carrières de Marbre prenait une dimension initiatique.

Amours nous propulse au début du XXe S dans une ambiance digne de Colette ou de Louise de Vilmorin :

Victoire est mariée à Anselme de Boisvaillant, mais elle s'ennuie terriblement avec ce notaire un peu terne. D'autant qu'elle déteste les choses du sexe, et qu'elle endure tout rapport conjugal avec ennui et dégoût. Ainsi... l'héritier se fait attendre.
Son mari, quant à lui préfère trousser Céleste, la petite servante.
Pourtant tout explose lorsque celle-ci tombe enceinte. L'occasion est alors trop belle de donner à ce couple en mal d'enfants le fils tant attendu.
De cet événement va naître une histoire d'amour... Mais pas celle que vous croyez.

Leonor de Recondo confirme son talent d'écriture dans ce roman élégant qui dynamite les conventions dans la France de 1900.
Si le début est une merveille, la fin est pourtant un peu décevante, même si l'issue de l'histoire ne pouvait se terminer autrement. Je ne vous en dirai pas plus au risque de gâcher votre plaisir.
Car en effet et néanmoins, je vous conseille ce petit roman.

Bonne journée


dimanche 18 janvier 2015

Le jour d'après

On a tellement lu, entendu de faits, d'articles sur les attentats de Charlie Hebdo que je ne vois pas ce que je peux ajouter de plus, de mieux... Et pourtant, j'ai moi aussi envie de vous dire le choc, la tristesse, l'incompréhension et la colère.

Je pense bien sûr à ceux qui ont payé leurs dessins de leur vie. Rappelons que la liberté d'expression fait partie des libertés fondamentales, inscrite dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1789, et protégée par le droit International.

Mes pensées vont aussi aux victimes de l'hypermarché casher, à tous ces juifs qui continuent d'être la cible des clichés sur l'argent, le pouvoir, le complot, les amalgames liés au conflit Israélo-Palestinien.
Pourquoi ai-je peur aujourd'hui de dire que mes enfants sont juifs-catholiques à l'école par exemple ?
Un gros travail d'éducation reste encore à faire à l'école et ailleurs, pour éviter la bêtise de cet "antisémitisme ordinaire", et les amalgames qui ont conduit à des drames tels que l'affaire Ilan Halimi.

Mes pensées vont aussi vers ceux qui risquent d'être stigmatisés après ce drame, réduisant les efforts d'intégration de générations d'immigrés à néant.
(A voir et revoir le magnifique mais pas tout récent documentaire Mémoires d'immigrés, de Yasmina Benguigui)
D'ailleurs, la dénomination "musulmans modérés" m'écorche les oreilles ! Je fais écho à l'édito de Frédéric Bonnaud dans les Inrocks : Arrêtons de parler de "communauté musulmane", de "musulmans modérés"... Ou alors, c'est qu'il n'y a pas eu intégration ! Pour moi, ces musulmans (Car oui, tu auras compris que je ne suis pas raciste, j'ai même un pote qui s'appelle Mohammed ;-)) sont d'abord citoyens français.

J'ai bien conscience d'accumuler les lieux communs, mais impossible de faire comme si de rien n'était. Parler pour le respect des libertés fondamentales, pour nos enfants, pour l'avenir, et pour que les victimes de ces attentats ne soient pas morts pour rien. (mais je vous dévoilerai mon programme politique dans un article ultérieur)

Voilà, et si tu n'es pas d'accord avec ce que je dis, parle, débat, argumente... Mais évite de sortir ta kalachnikov ! #libertédexpression #peace #imagine #abaslesmechants #vivelesgentils #pourlapaixdanslemonde